Mercredi 23 mai 2012 à 21:32

Je reviens épuisée de mon stage en milieu scolaire. Ce n'était pas le premier et ce n'est pas le dernier, je fatigue déjà rien qu'à l'idée de rédiger cinq rapports de stage qui relateront tous des observations à peu près similaires et à peu près peu constructives. J'ai eu la bonne idée de réaliser assez tôt que l'enseignement n'était pas fait pour moi, et cela fait un moment que je me demande comment font encore les gens pour avoir envie de devenirs profs. Mais aujourd'hui, je suis plus proche du milieu que jamais, je vois ce qu'il y a derrière, les coulisses, les ficelles qui sous-tendent la face publique de l'Ecole. En décidant de faire un stage en RASED l'année même de son démantèlement, je me suis retrouvée au coeur de la politique de suppression de postes de l'Education Nationale, et franchement, c'est pas joli-joli. Allez, on le sait depuis longtemps, que l'école va mal, mais depuis des années que j'en entends parler, j'ai l'impression qu'elle ne touche jamais le fond. Elle continue de tomber plus bas, toujours plus bas.
Le système est malade, pourri, sclérosé, et les élèves sont les derniers dont on se soucie en haut lieu.
Pour ne rien arranger, eux non plus ne se soucient plus d'être des élèves, parce que cela ne fait pas partie de ce que leurs parents leur apprennent. L'école ne semble plus avoir d'intérêt pour personne, sauf pour les enseignants qui s'aigrissent, vieillissent, deviennent laxistes ou intolérants, ou déprimés.
Spectatrice impuissante, aigrie et déprimée à mon tour, j'espère que la dégringolade s'arrêtera un jour. Ceci est une vision pessimiste, réaliste, exagérée et sincère de l'école dans notre beau pays de France aujourd'hui. Je ne peux l'étayer avec aucune preuve, par discrétion. Cela fait maintenant vingt minutes que je cherche à conclure cet article après le mot "déprimés", et que je me demande si je vais le poster, oui ou merde, et que je frotte mes ongles les uns contre les autres en un tic insupportable, avec une envie furieuse de brûler tous mes cours de neurologie, de linguistique et de psychologie à deux balles, histoire de résoudre mon problème de révisions-qui-n'avancent-pas-parce-que-depuis-que-je-suis-sortie-de-stage-je-ne-rêve-que-d'une-chose : de vacances.

Lundi 14 mai 2012 à 22:50

Je ne peux pas m'en empêcher, même si ma voisine a une gamine et que ce n'est plus l'heure de faire du bruit, j'écoute Metallica. Et j'écoute Metallica à l'intensité la plus raisonnable possible pour du Metallica, c'est-à-dire que les basses résonnent quand même pas mal. Je suis en plein dans la période de nostalgie qui se veut entre la déprime et l'extase, typique de l'après concert. Ah oui, je ne vous l'avais pas dit - ce blog est vraiment à l'abandon. Pour mes vingt ans, j'ai eu droit à Metallica en live au Stade de France.
Quand j'ai vu le papier cadeau en forme d'enveloppe, le 28 février 2012, mon rythme cardiaque s'est lancé dans une accélération fulgurante, par espoir de découvrir les billets pour le saint concert. Quand j'ai décollé le papier, mes doigts tremblaient de peur que ce ne soit pas ça. J'ai à peine écarté les bords de l'enveloppe, les lettres M E T A L L I C A s'étendaient sur un billet rouge, et j'ai cru que j'allais défaillir de joie. J'ai à peine réussi à finir mon dessert.
12 mai 2012, jour J. Mon père et moi avons pris la route le matin, une paire d'anneaux en argent partagée entre son oreille gauche et mon oreille droite, en bon rockeurs du dimanche. Il y a un moment que j'adore, dans les grands concerts, c'est celui où l'on s'approche du stade à pied et que l'on commence à croiser d'autres spectateurs petit à petit. Les premiers, on ne les reconnaît pas immédiatement. Mais il suffit d'une minute sur le même chemin pour se rendre compte que, même s'ils n'arborent pas le total look bien typé, certains signes ne trompent pas. On peut trouver les gens habillés normalement au premier regard, mais en y prêtant attention, on se dit que trois personnes en jean et sweat-shirt noir vont forcément au même endroit que nous. Et si on se rapproche, on en verra peut-être même un avec une boucle à l'oreille. Et évidemment, plus on approche du stade, plus on croise de personnes allant dans la même direction, revêtant plus ou moins de signes distinctifs. Et le flot grossit, grossit, jusqu'à rejoindre celui des arrivants du métro, et là mesdames et messieurs, le défilé de métalleux, c'est à tomber par terre. Et comme dans toute manifestation en nombre, le sentiment d'appartenance fait sacrément chaud au coeur.
Le concert en lui-même, je risque de ne pas pouvoir mettre de mots dessus. C'était absolument grandiose, et je crois qu'il serait inutile de se perdre en éloges. Ce sont des dieux, point. Avec un très bon son malgré la distance et le décalage (on pouvait difficilement être plus loin de la scène que nous, mais James dit "so close, no matter how far"), une voix exactement comme je l'ai découverte il y a quelques années, des riffs de légende plus vrais que nature, du spectacle pour les yeux aussi à fond les ballons, une présence monstrueuse et des mythiques HA HA à se damner. Ce groupe existait bien avant ma naissance, et j'ai assisté à leur plus grand show en France. Cela faisait longtemps que je ne m'étais pas sentie aussi moi. Je crois que tout est dit.

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Coucher de soleil avant le début des hostilités. Oui, c'est très grand.

Mardi 8 mai 2012 à 13:33

Revenir de la dimension parallèle et se remettre à penser révisions, stages, conventions, job d'été, succion non nutritive, petits cerveaux découpés, banalités comportementalistes, powerpoint, café, bibliothèque, l'adolescence-n'est-pas-une-maladie-ah-bon?, 19°C face nord, ciel rétréci, réveil tous les jours, jours fériés productifs, mais-quand-aura-t-on-les-dates-des-examens-bordel, quelque chose dans ce goût-là.

Dimanche 6 mai 2012 à 23:45

 Je n'ai qu'un seul amour, aux 120 000 visages.

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Besançon

Jeudi 19 avril 2012 à 14:16

Je n'ai pas mis les pieds à Besançon depuis le 9 octobre. Cela fait six mois que je dis à Ségolène et Doriane que je ne me sens pas capable d'y retourner si je ne peux pas y voir Mathieu, qu'il faudra que j'attende qu'il soit disponible. En fin de compte, le mois de juin arrive assez vite. Mais en fait, je ne veux plus attendre. Besançon, c'est toujours chez moi. Monsieur m'a peut-être bannie de sa vie, mais pas de ma ville. Et finalement, il ne représente qu'une infime partie de ce que j'ai vécu là-bas. Le moment est venu où je sais que je n'ai pas envie de le voir, mais que par contre je meurs d'envie d'arpenter les rues que je connais si bien, de retrouver le ciel et les arbres et les collines et la rivière-fleuve, et de revoir Ségo. Et de prendre le bus 8 direction Campus, de regarder True Blood dans la maison de 9m², de sortir là où je sais qu'on va s'amuser, de recroiser les habitués du Bodega qui avaient fini par me reconnaître même si je ne dansais pas, de retrouver la pierre blanche-grise des immeubles pas très hauts, de savoir où on peut acheter quoi, et les paninis du parc Granvelle, et toutes les autres conneries, et les places et les bancs en forme de fleurs, et le soleil, toujours le soleil.
Dans 9 jours, j'y retourne.

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Mars 2011, sous la citadelle. Un jour, j'étais blonde.

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